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| ecolopol:nuitdebout [2020/04/06 12:37] – Grégory Gutierez | ecolopol:nuitdebout [2026/08/11 13:40] (Version actuelle) – [Avec un gosse à la #NuitDebout] Grégory Gutierez |
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| ===== 31 mars 2016, premier jour d'occupation de la place de la République ===== | ===== 31 mars 2016, premier jour d'occupation de la place de la République ===== |
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| <html><a data-flickr-embed="true" data-header="true" href="https://www.flickr.com/photos/greguti/albums/72157666871095086" title="Première soirée de la #NuitDebout place de la République, à Paris"><img src="https://farm2.staticflickr.com/1507/26140209446_6d2805f2cf_z.jpg" width="640" height="480" alt="Première soirée de la #NuitDebout place de la République, à Paris"></a><script async src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script></html> | [{{ :ecolopol:nuitdebout-0.png?800 |Première journée de Nuit Debut, le 31 mars 2016.}}] |
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| Les débats étaient organisés : des tours de parole, 2 mn max par personne, un "scribe" chargé de prendre des notes, un animateur pour résumer la progression de la discussion, rappeler les règles techniques, etc. Les techniques du mouvement américain #Occupy sont utilisées : une gestuelle silencieuse permet d'exprimer accord, désaccord, question sur un point technique, etc. Le tout pour permettre la discussion et les votes, même quand on est vraiment nombreux. | Les débats étaient organisés : des tours de parole, 2 mn max par personne, un "scribe" chargé de prendre des notes, un animateur pour résumer la progression de la discussion, rappeler les règles techniques, etc. Les techniques du mouvement américain #Occupy sont utilisées : une gestuelle silencieuse permet d'exprimer accord, désaccord, question sur un point technique, etc. Le tout pour permettre la discussion et les votes, même quand on est vraiment nombreux. |
| Je retourne visiter la #NuitDebout quelques jours plus tard. C'est dimanche, il fait beau, j'arrive place de la République vers 13h. La place est encore calme, de nombreux stands sont en train d'être montés, quelques promeneurs commencent à s'y arrêter. Je suis impressionné par le foisonnement des stands, les programmes de la journée inscrits sur de grands paperboards ici et là, les innombrables slogans et textes écrits sur les murs de fortune. | Je retourne visiter la #NuitDebout quelques jours plus tard. C'est dimanche, il fait beau, j'arrive place de la République vers 13h. La place est encore calme, de nombreux stands sont en train d'être montés, quelques promeneurs commencent à s'y arrêter. Je suis impressionné par le foisonnement des stands, les programmes de la journée inscrits sur de grands paperboards ici et là, les innombrables slogans et textes écrits sur les murs de fortune. |
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| <html> | [{{ :ecolopol:nuitdebout-2.png?800 |#NuitDebout, après-midi du dimanche 10 avril 2016, place de la République, Paris}}] |
| <a data-flickr-embed="true" data-header="true" href="https://www.flickr.com/photos/greguti/albums/72157664729280464" title="#NuitDebout, après-midi du dimanche 10 avril 2016, place de la République, Paris"><img src="https://farm2.staticflickr.com/1632/25763046264_7f4cec293d.jpg" width="500" height="259" alt="#NuitDebout, après-midi du dimanche 10 avril 2016, place de la République, Paris"></a><script async src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script> | |
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| La place ne tarde pas à se remplir, vers 14h, il y a déjà des agrégats de gens à divers endroits, à 15h, toute la place est remplie d'une foule dense, on circule via des corridors improvisés entre les masses regroupées pour débattre en commissions, en cercles à même le sol, participer à des conférences (j'ai compté pratiquement 300 personnes à celle à propos du revenu universel), ou qui se renseignent aux différents stands. Pêle-mêle, on trouvait ce jour-là des commissions sur l'éducation, le travail, la grève générale, l'amour, les actions à mener, la rédaction d'un manifeste du mouvement, l'accueil des migrants et réfugiés, ... Et des stands de Greenpeace, d'Acrimed, du Mouvement Utopia, du DAL, d'un libraire en auto-gestion proposant notamment des livres sur la décroissance et l'anarchie, un stand sur la condition animale et le véganisme, un potager improvisé distribuant des petits pots de diverses plantes, mais aussi un squat d'anarchistes bariolé de slogans anti-police, plusieurs petits attroupements de musiciens "du dimanche", quelques musiciens très pro (dont Nina Blue, seule avec sa guitare et un petit ampli, cf. vidéo ci-dessous), un atelier de dessin ouvert à tout le monde, un stand de nourriture avec "prix libre", ... | La place ne tarde pas à se remplir, vers 14h, il y a déjà des agrégats de gens à divers endroits, à 15h, toute la place est remplie d'une foule dense, on circule via des corridors improvisés entre les masses regroupées pour débattre en commissions, en cercles à même le sol, participer à des conférences (j'ai compté pratiquement 300 personnes à celle à propos du revenu universel), ou qui se renseignent aux différents stands. Pêle-mêle, on trouvait ce jour-là des commissions sur l'éducation, le travail, la grève générale, l'amour, les actions à mener, la rédaction d'un manifeste du mouvement, l'accueil des migrants et réfugiés, ... Et des stands de Greenpeace, d'Acrimed, du Mouvement Utopia, du DAL, d'un libraire en auto-gestion proposant notamment des livres sur la décroissance et l'anarchie, un stand sur la condition animale et le véganisme, un potager improvisé distribuant des petits pots de diverses plantes, mais aussi un squat d'anarchistes bariolé de slogans anti-police, plusieurs petits attroupements de musiciens "du dimanche", quelques musiciens très pro (dont Nina Blue, seule avec sa guitare et un petit ampli, cf. vidéo ci-dessous), un atelier de dessin ouvert à tout le monde, un stand de nourriture avec "prix libre", ... |
| Sinon, à part écouter des gens parler, que faire avec un gosse à la #NuitDebout ? Il y avait un atelier dessins, des parts de gâteaux bio vendus par des participants au mouvement, mais le mien, de gosse, a préféré regarder un spectacle de cracheurs de feu, assez bluffant il fallait bien l'avouer. Pendant plus d'une heure, plusieurs jongleurs et cracheurs ont enthousiasmé une foule compacte, accompagnés par des tambours. | Sinon, à part écouter des gens parler, que faire avec un gosse à la #NuitDebout ? Il y avait un atelier dessins, des parts de gâteaux bio vendus par des participants au mouvement, mais le mien, de gosse, a préféré regarder un spectacle de cracheurs de feu, assez bluffant il fallait bien l'avouer. Pendant plus d'une heure, plusieurs jongleurs et cracheurs ont enthousiasmé une foule compacte, accompagnés par des tambours. |
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| <html> | [{{ :ecolopol:nuitdebout-1.png?800 |NuitDebout sur la place de la République début avril 2016.}}] |
| <a data-flickr-embed="true" data-header="true" href="https://www.flickr.com/photos/greguti/26423870666/in/datetaken-public/" title="IMG_20160415_214615"><img src="https://farm2.staticflickr.com/1609/26423870666_7ac0a77cc2.jpg" width="500" height="375" alt="IMG_20160415_214615"></a><script async src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script> | |
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| Au final, en deux soirées ensemble (grosso modo, de 19h30 à 22h30), à aucun moment je n'ai senti un quelconque malaise à l'idée de balader mon gosse sur la place de la République. Au contraire, il y avait une réelle bienveillance autour de nous. Un type s'arrête devant nous et me demande s'il peut prendre mon fils en photo : //"il est trop beau avec son gilet plein de couleurs !"// | Au final, en deux soirées ensemble (grosso modo, de 19h30 à 22h30), à aucun moment je n'ai senti un quelconque malaise à l'idée de balader mon gosse sur la place de la République. Au contraire, il y avait une réelle bienveillance autour de nous. Un type s'arrête devant nous et me demande s'il peut prendre mon fils en photo : //"il est trop beau avec son gilet plein de couleurs !"// |
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| Sous un petit chapiteau, la commission "Féminisme" organise une discussion "non-mixte", c'est-à-dire que les hommes n'y sont pas les bienvenus. De fait, je ne sais pas de quoi il était exactement question, mais j'ai vu plusieurs passants se faire gentiment rabrouer parce qu'ils tardaient à passer leur chemin, et tendaient un peu trop l'oreille. Personnellement, je ne vois rien à redire à ces rassemblements non-mixtes, je ne suis pas concerné et c'est tout. Mais j'ai trouvé tout de même assez délicat de réussir à tenir ce genre de réunion en plein air, au milieu de tout ce monde. J'imagine que la discussion devait être constamment ponctuée de //"monsieur, s'il vous plaît, éloignez-vous ! C'est non-mixte ici !"// Et pas sûr que les simples curieux aient une image positive de ce genre de féminisme qui entend les exclure. | Sous un petit chapiteau, la commission "Féminisme" organise une discussion "non-mixte", c'est-à-dire que les hommes n'y sont pas les bienvenus. De fait, je ne sais pas de quoi il était exactement question, mais j'ai vu plusieurs passants se faire gentiment rabrouer parce qu'ils tardaient à passer leur chemin, et tendaient un peu trop l'oreille. Personnellement, je ne vois rien à redire à ces rassemblements non-mixtes, je ne suis pas concerné et c'est tout. Mais j'ai trouvé tout de même assez délicat de réussir à tenir ce genre de réunion en plein air, au milieu de tout ce monde. J'imagine que la discussion devait être constamment ponctuée de //"monsieur, s'il vous plaît, éloignez-vous ! C'est non-mixte ici !"// Et pas sûr que les simples curieux aient une image positive de ce genre de féminisme qui entend les exclure. |
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| <html><a data-flickr-embed="true" data-header="true" href="https://www.flickr.com/photos/greguti/25894958504/in/datetaken-public/" title="IMG_20160416_202025"><img src="https://farm2.staticflickr.com/1507/25894958504_2c7a161837.jpg" width="500" height="375" alt="IMG_20160416_202025"></a><script async src="//embedr.flickr.com/assets/client-code.js" charset="utf-8"></script></html> | |
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| Parmi les nombreuses commissions présentes ce jour-là, j'ai participé aux discussions de la commission "Françafrique", à propos du génocide du Rwanda en 1994 (au moins un million de morts en cent jours), et de la responsabilité de l'État français dans ce drame. La discussion commence par un résumé des événements par un étudiant en histoire, puis un jeune homme, survivant du génocide, témoigne qu'aujourd'hui //"les enfants des bourreaux et ceux des victimes arrivent à peu près à vivre ensemble"//. La question qui fâche, c'est bien sûr celle de la responsabilité du gouvernement français dans le massacre : a-t-il seulement "laissé faire" ? L'armée française a-t-elle continué à entraîner les militaires Hutu, devenus milices meurtrières, au nom de l'entraide entre les deux nations, sans voir qu'un véritable génocide était en cours ? Pourtant, les signes avant-coureurs étaient nombreux et le génocide était organisé bien à l'avance par, semble-t-il, des extrémistes Hutu qui ne toléraient pas le nouveau gouvernement "d'union nationale" qui allait faire travailler ensemble Hutu et Tutsi. | Parmi les nombreuses commissions présentes ce jour-là, j'ai participé aux discussions de la commission "Françafrique", à propos du génocide du Rwanda en 1994 (au moins un million de morts en cent jours), et de la responsabilité de l'État français dans ce drame. La discussion commence par un résumé des événements par un étudiant en histoire, puis un jeune homme, survivant du génocide, témoigne qu'aujourd'hui //"les enfants des bourreaux et ceux des victimes arrivent à peu près à vivre ensemble"//. La question qui fâche, c'est bien sûr celle de la responsabilité du gouvernement français dans le massacre : a-t-il seulement "laissé faire" ? L'armée française a-t-elle continué à entraîner les militaires Hutu, devenus milices meurtrières, au nom de l'entraide entre les deux nations, sans voir qu'un véritable génocide était en cours ? Pourtant, les signes avant-coureurs étaient nombreux et le génocide était organisé bien à l'avance par, semble-t-il, des extrémistes Hutu qui ne toléraient pas le nouveau gouvernement "d'union nationale" qui allait faire travailler ensemble Hutu et Tutsi. |
| <blockquote>Selon elle, la situation est en effet "invivable", elle décrit des scènes terribles : "Il y a des portes qui sont défoncées, il y a le feu. Je dois partir une semaine, j’ai peur de laisser mon fils", explique celle qui dit aussi n'avoir "pas dormi depuis dix jours". | <blockquote>Selon elle, la situation est en effet "invivable", elle décrit des scènes terribles : "Il y a des portes qui sont défoncées, il y a le feu. Je dois partir une semaine, j’ai peur de laisser mon fils", explique celle qui dit aussi n'avoir "pas dormi depuis dix jours". |
| [[http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/21693-nuitdebout-genest-veronique-genest-monter-association.html|source]]</blockquote> | [[http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/21693-nuitdebout-genest-veronique-genest-monter-association.html|source]]</blockquote> |
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